☀️ Photovoltaïque

Routeur solaire : arrêtez de vendre votre surplus à 1 centime (guide + simulateur 2026)

Depuis juin 2026, le surplus solaire est racheté 0,011 €/kWh alors que vous rachetez l'électricité à 0,20 € : un kWh autoconsommé vaut 18 fois plus. Le routeur solaire envoie ce surplus dans votre ballon d'eau chaude. Fonctionnement, rentabilité réelle, limites — avec un simulateur de gain et d'amortissement.

Vicenté ROYVicenté ROY 9 min de lecture
Panneaux photovoltaïques sur une toiture résidentielle — valoriser le surplus solaire

Chaque jour, à midi, vos panneaux produisent à plein — et vous n’êtes pas là. Cette électricité part sur le réseau, rachetée 1,1 centime le kWh. Le soir, vous rachetez la même électricité à 20 centimes pour chauffer votre eau. Vous vendez à 1, vous rachetez à 18. Le routeur solaire met fin à cette absurdité : il détourne votre surplus vers votre ballon d’eau chaude, qui devient une batterie thermique gratuite. Voici comment ça marche, ce que ça rapporte vraiment, et pour qui.

⚡ L’essentiel en 30 secondes

  • Depuis l’arrêté du 1er juin 2026, le surplus est racheté 0,011 €/kWh — contre ~0,20 €/kWh que vous payez pour l’acheter.
  • Un kWh autoconsommé vaut ~18 fois un kWh vendu. Toute la rentabilité s’est déplacée vers l’autoconsommation.
  • Le routeur envoie le surplus vers la résistance de votre ballon : l’eau chaude devient gratuite une bonne partie de l’année.
  • Coût ~300-800 € + pose, souvent amorti en 2 à 3 ans. Le taux d’autoconsommation passe typiquement de 35 % à 55-70 %.

01 Pourquoi votre surplus ne vaut presque plus rien

C’est le grand basculement de 2026, et beaucoup de propriétaires de panneaux ne l’ont pas encore intégré. L’arrêté du 1er juin 2026 (en vigueur depuis le 5 juin) a fixé le tarif de rachat du surplus à 0,011 €/kWh pour les installations résidentielles — garanti 20 ans, indexé, mais dérisoire. Dans le même temps, vous achetez votre électricité autour de 0,20 €/kWh.

Autrement dit : chaque kWh que vous parvenez à consommer vous-même vaut environ 18 fois plus qu’un kWh vendu. La question n’est plus « combien vais-je gagner en revendant ? » mais « comment éviter d’exporter ? ». Voici la valeur réelle d’un kWh de surplus selon ce que vous en faites :

La hiérarchie de la valeur d’un kWh de surplus

En centimes d’euro, selon sa destination (ordres de grandeur 2026).

1,1 c€Vendu au réseau9,0 c€Batterievirtuelle18,9 c€Routeur→ ballon20,0 c€Autoconsommédirect
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À retenir : le geste le plus rentable est aussi le plus simple — consommer quand le soleil produit. Sans pilotage, le taux d’autoconsommation moyen plafonne autour de 30-40 %. Avec un routeur et quelques réglages, il grimpe couramment à 55-70 %.

02 Le routeur solaire : comment ça marche

Un routeur solaire (ou « routeur de surplus ») est un petit boîtier installé dans votre tableau électrique. Son principe est limpide :

1Il mesureUne pince ampèremétrique surveille en continu ce qui part vers le réseau.
2Il détecte le surplusDès que vous produisez plus que vous ne consommez, il le voit.
3Il moduleIl envoie exactement ce surplus (même 300 W) vers la résistance du ballon.
4Il protègeUne sonde coupe la chauffe à la bonne température. Zéro injection perdue.

Sa force, c’est la modulation : contrairement à un simple contacteur qui fonctionne en tout-ou-rien, le routeur envoie exactement la puissance disponible. Même 400 W de surplus par temps couvert servent à préchauffer l’eau. Résultat : au lieu d’exporter votre production, vous la stockez sous forme d’eau chaude — et vous ne rachetez plus le soir ce que vous avez donné à midi.

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Compatibilité : le routeur mesure les flux au niveau du compteur, pas à l’onduleur. Il fonctionne donc avec toutes les marques, en onduleur central comme en micro-onduleurs, et sur la plupart des ballons électriques existants (cumulus classique à résistance). Il faut simplement de la place dans le tableau pour les protections.

03 Combien ça rapporte ? Le simulateur

Réglez votre installation et votre ballon : le simulateur calcule votre surplus, ce qu’il vous rapporte aujourd’hui en le vendant, et ce qu’il vous ferait économiser routé vers l’eau chaude.

🧮 Simulateur

Votre routeur est-il rentable ?

Réglez votre installation et votre ballon.

Puissance de votre installation6 kWc

Votre ballon d’eau chaude électrique

Présence en journée

Surplus injecté / an
Valeur si vendu
Gain avec routeur

💶 Votre surplus : vendu ou routé vers le ballon

Ce que rapporte le même surplus, selon ce que vous en faites.

Routeur amorti en

Hypothèses : production ≈1 100 kWh/kWc/an en Deux-Sèvres, taux d’autoconsommation sans pilotage 35 % (absent) ou 45 % (présent), électricité achetée ≈0,20 €/kWh, surplus racheté 0,011 €/kWh (arrêté du 1er juin 2026), routeur posé ≈700 €. Le ballon ne peut absorber qu’une partie du surplus (peu de soleil l’hiver). Estimation indicative — une étude reste nécessaire.

☀️ Photovoltaïque & pilotage en Deux-Sèvres

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04 Routeur, batterie, déplacement d’usages : que choisir ?

Le routeur n’est pas la seule façon de valoriser un surplus. Voici les options, dans l’ordre de rentabilité :

SolutionCoûtCe que ça vaut
Décaler ses usages (lave-linge, lave-vaisselle, piscine en journée)0 €Le meilleur rapport : à faire en premier, toujours
Routeur solaire → ballon d’eau chaude300-800 € + poseAmorti en 2-3 ans ; l’eau chaude quasi gratuite d’avril à octobre
Pilotage de la pompe à chaleur / recharge du véhicule en journéeVariableExcellent si vous êtes présent ou programmable
Batterie physique3 500-5 500 € (5 kWh)Restitue le soir ; confort et autonomie, amortissement plus long
Vendre le surplus0,011 €/kWh : le dernier recours, pas une stratégie

La logique est simple : on commence par ce qui est gratuit (décaler), puis on ajoute le routeur (peu cher, très rentable), et on n’envisage la batterie que pour l’autonomie du soir — pas comme un placement. Pour aller plus loin, voyez notre analyse avec ou sans batterie et le temps de retour d’un projet solaire.

05 Les limites — soyons honnêtes

Le routeur n’est pas magique. Trois réserves à connaître avant d’acheter :

  • L’hiver, il ne fait pas de miracle. Peu de production, peu de surplus : votre ballon reprendra son appoint sur le réseau. Le gros du gain se fait d’avril à octobre.
  • Il lui faut une résistance à alimenter. Pas de ballon électrique ? Pas de routeur classique. (Il existe des modèles pour ballon thermodynamique, mais le gain y est plus faible, cet appareil consommant déjà peu — voyez notre article chauffe-eau thermodynamique.)
  • Il ne remplace pas un bon dimensionnement. Un surdimensionnement « pour revendre » n’a plus aucun sens à 0,011 €/kWh : mieux vaut une installation calée sur votre consommation, bien autoconsommée.
⚠️

Avant d’acheter un routeur : vérifiez que votre ballon a bien une résistance accessible, que votre tableau a de la place, et que vos usages de journée sont déjà décalés (c’est gratuit et ça se cumule). Un électricien fait ce diagnostic en une visite.

06 Routeur et heures creuses : le bon réglage

Attention à ne pas faire travailler deux systèmes l’un contre l’autre. Si votre ballon est piloté par le contacteur heures creuses, il chauffe la nuit… et arrive plein le matin. Le lendemain midi, il n’a plus rien à absorber : votre surplus repart au réseau, et le routeur ne sert à rien.

Le bon réglage consiste à laisser le solaire chauffer en priorité en journée, et à ne conserver qu’un appoint nocturne (ou en fin de nuit) pour les jours sans soleil. C’est d’autant plus pertinent avec la réforme des heures creuses, qui déplace justement une partie des heures creuses… en plein après-midi. Un bon installateur règle les deux ensemble.

07 Pour qui c’est vraiment rentable

  • Excellent : installation de 3 à 9 kWc, ballon électrique de 150 à 300 L, foyer absent en journée (donc gros surplus à midi) — le cas le plus fréquent, avec un amortissement souvent inférieur à 3 ans.
  • Bon : famille présente en journée — le surplus est plus faible, mais le routeur capte ce qui reste.
  • Peu d’intérêt : pas de ballon électrique, ou installation très petite déjà autoconsommée à 70 %+.

Et si vous n’avez pas encore de panneaux, la conclusion est claire : à 0,011 €/kWh de rachat, un projet solaire se conçoit désormais autour de l’autoconsommation, dès le dimensionnement — voyez autoconsommation totale ou partielle et quelles économies espérer.

08 Questions fréquentes

Un routeur solaire, ça marche avec mon ballon actuel ?

Dans la grande majorité des cas, oui : il faut un chauffe-eau électrique à résistance (cumulus classique), quel que soit son volume. Le routeur pilote simplement cette résistance à la place du contacteur jour/nuit. Certains modèles savent aussi piloter un ballon thermodynamique.

Est-ce compatible avec ma marque d’onduleur ?

Oui. Le routeur ne se branche pas sur l’onduleur : il mesure le flux au niveau du compteur (ce qui entre et ce qui sort). Il fonctionne donc avec un onduleur central comme avec des micro-onduleurs, quelle que soit la marque.

Combien coûte un routeur, posé ?

Comptez environ 300 à 800 € pour le matériel selon le niveau (modulation, suivi, connectivité), plus la pose par un électricien. Prévoyez de la place dans le tableau électrique pour les protections.

Le routeur remplace-t-il une batterie ?

Non, mais il en fait beaucoup pour bien moins cher. Votre ballon devient une « batterie thermique » : il stocke le surplus sous forme d’eau chaude. Une batterie physique (3 500 à 5 500 € pour 5 kWh) restitue de l’électricité le soir — c’est complémentaire, mais bien plus cher au kWh valorisé.

Et si je n’ai pas de ballon électrique ?

Le routeur classique n’a alors rien à alimenter. Vos leviers : décaler vos usages en journée (gratuit), piloter la pompe à chaleur, recharger le véhicule électrique au soleil, ou envisager une batterie.

Le surplus est-il vraiment si mal payé ?

Depuis l’arrêté du 1er juin 2026, le surplus est racheté 0,011 €/kWh (1,1 centime), quand vous rachetez votre électricité autour de 0,20 €/kWh. Un kWh autoconsommé vaut donc environ 18 fois un kWh vendu. C’est toute la logique du routeur.

Cela change-t-il quelque chose à mon contrat de rachat ?

Non. Vous conservez votre contrat : vous vendez simplement moins de surplus (puisque vous en consommez davantage). Et comme le surplus rapporte très peu, vous y gagnez largement.

Puis-je l’installer moi-même ?

Techniquement, certains modèles sont simples. Mais l’appareil s’insère dans le tableau électrique, avec des protections adaptées : mieux vaut le faire poser par un électricien, qui garantit la conformité et le bon réglage des seuils.

🏡 Parthenay & Deux-Sèvres

Arrêtez de vendre votre soleil à 1 centime

ROY HABITAT, artisan RGE : photovoltaïque, routeur de surplus, ballon d’eau chaude, pompe à chaleur, borne. On optimise votre installation existante — ou on conçoit la bonne dès le départ.

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Vicenté ROY
Vicenté ROY
Fondateur de la marque en ligne ROY HABITAT

Fondateur de la marque en ligne ROY HABITAT, à Parthenay. Je rédige ces conseils à partir de l'expérience terrain de nos équipes — chauffage, électricité, plomberie, photovoltaïque — pour vous aider à y voir clair, en Deux-Sèvres.

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Photos d'illustration : ROY HABITAT & banque d'images.

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