Il ne se voit pas, ne se sent pas, n’a aucun goût — et il est présent dans une partie des maisons du nord des Deux-Sèvres sans que leurs occupants le sachent. Le radon, gaz radioactif naturel issu du granit, est la deuxième cause de cancer du poumon en France après le tabac. La Gâtine et le bocage, posés sur le socle granitique du Massif armoricain, font partie des territoires classés à potentiel significatif. Pas de panique pour autant : le radon se mesure pour une trentaine d’euros et se corrige par des travaux du bâtiment. Ce guide local vous donne tout : le zonage, la mesure, l’interprétation de votre résultat et les solutions qui marchent.
⚡ L’essentiel en 30 secondes
- Le radon provient de la désintégration de l’uranium naturel des sols granitiques — exactement le sous-sol de la Gâtine et du bocage bressuirais.
- En zone granitique, plus de 40 % des bâtiments dépassent 100 Bq/m³ et plus de 10 % dépassent le niveau de référence de 300 Bq/m³.
- Il s’infiltre par le sol : caves, terre battue, fissures de dalle, passages de canalisations — surtout l’hiver, maison fermée.
- La mesure : un dosimètre à 20-40 €, posé deux mois en période de chauffe. C’est le seul juge de paix.
- Les solutions : aération, colmatage, ventilation adaptée (VMI) et, pour les cas élevés, dépressurisation sous dalle. Des maisons à 5 000 Bq/m³ ont été ramenées sous 400.
01 Le radon en 60 secondes
Dans les roches riches en uranium — le granit en tête —, la désintégration radioactive produit en continu un gaz : le radon. Dehors, il se dilue instantanément et ne pose aucun problème. Le sujet commence quand il s’infiltre dans un espace clos : la maison. Là, il s’accumule, et ses descendants radioactifs se fixent dans les poumons.
Sa concentration se mesure en becquerels par mètre cube (Bq/m³). Deux repères à retenir : 100 Bq/m³, la cible recommandée par l’OMS, et 300 Bq/m³, le niveau de référence français au-delà duquel des actions correctives sont attendues.
Pourquoi c’est sérieux : l’IRSN attribue au radon domestique environ 3 000 décès par cancer du poumon chaque année en France — un risque qui se cumule dangereusement avec le tabac. Mais contrairement au tabac, le radon relève du bâtiment : c’est un problème de maison, avec des solutions de maison. C’est exactement pour cela qu’un artisan a son mot à dire sur le sujet.
02 Pourquoi la Gâtine est en première ligne
La France est découpée commune par commune en trois zones de potentiel radon (décret de 2018). La zone 3 — potentiel significatif — recouvre les massifs granitiques : Bretagne, Massif central… et le socle armoricain qui affleure au nord-ouest des Deux-Sèvres. Concrètement :
| Secteur | Sous-sol | Potentiel radon | Ce que montrent les campagnes nationales |
|---|---|---|---|
| Gâtine & bocage Parthenay, Bressuire, Mauléon, Secondigny, Moncoutant… | Granites et roches du Massif armoricain | Significatif (zone 3) pour de nombreuses communes | Sur ces formations : > 40 % des bâtiments au-dessus de 100 Bq/m³, > 10 % au-dessus de 300 |
| Plaine et sud Niort, Melle, plaine céréalière | Calcaires sédimentaires | Faible (zone 1) majoritairement | ≈ 20 % au-dessus de 100 Bq/m³, moins de 2 % au-dessus de 300 |
Ce n’est pas une abstraction administrative : l’ARS Nouvelle-Aquitaine et la communauté de communes Parthenay-Gâtine ont mené des campagnes locales « Santé et radon » pour sensibiliser les habitants — preuve que le sujet est identifié ici, chez nous. La carte exacte de votre commune se consulte sur le site de l’IRSN ou de la préfecture des Deux-Sèvres.
Et une obligation légale méconnue : en zone 3, tout vendeur ou bailleur doit mentionner le potentiel radon dans l’état des risques annexé à la vente ou au bail. Si vous achetez une maison ancienne en Gâtine, cette ligne figure (ou devrait figurer) dans votre dossier — au même titre que notre check-list électricité avant achat.
03 Comment il entre chez vous (et pourquoi surtout l’hiver)
Le radon ne traverse pas les murs par magie : il emprunte des chemins physiques entre le sol et la maison, aspirés par une réalité simple — une maison chauffée est en légère dépression par rapport au sol (l’air chaud monte et s’échappe, le tirage aspire par le bas).
L’hiver aggrave tout : fenêtres fermées, chauffage qui accentue la dépression, ventilation réduite. C’est pourquoi la mesure se fait en période de chauffe — et pourquoi le taux mesuré en été ne veut rien dire.
04 Mesurer : 30 €, deux mois, zéro excuse
Et les détecteurs électroniques connectés ? Utiles pour suivre une tendance (voir l’effet d’une aération, d’un colmatage), mais pas pour statuer : le radon varie fortement d’un jour à l’autre, seule une moyenne longue en hiver fait foi. Le duo gagnant : dosimètre passif pour le verdict, détecteur connecté pour piloter les corrections si besoin.
05 Votre situation, en deux outils
D’abord la présomption — votre maison cumule-t-elle les facteurs de risque ? Ensuite, si vous avez déjà mesuré, l’interprétation de votre chiffre.
Votre maison est-elle exposée au radon ?
Cinq questions pour estimer la vulnérabilité de VOTRE maison. Seule une mesure fera foi — mais ceci vous dit à quel point elle est urgente.
—
Estimation qualitative fondée sur le zonage réglementaire et les facteurs d’entrée connus du radon. La carte des communes classées est consultable sur le site de la préfecture des Deux-Sèvres et sur celui de l’IRSN. Rappel important : le zonage indique une probabilité, jamais une certitude — des maisons de zone 1 mesurent parfois haut, et inversement.
06 Vous avez mesuré ? Voici quoi faire de votre chiffre
Le dosimètre est revenu du laboratoire. Placez votre résultat sur la réglette : le plan d’action s’affiche.
J’ai mesuré… et maintenant ?
Réglez le curseur sur la valeur de votre rapport de mesure (moyenne annuelle estimée).
(cible OMS)300
(réf. France)6001 0001 500+
—
Votre plan d’action
Bandes fondées sur le niveau de référence français (300 Bq/m³, code de la santé publique) et la cible OMS (100 Bq/m³). Après tout travaux, on re-mesure l’hiver suivant pour vérifier l’efficacité — le radon ne se voit pas, seule la mesure prouve le résultat.
07 Agir : ce qui marche vraiment, du plus simple au plus lourd
| Niveau | Action | Efficacité | Budget |
|---|---|---|---|
| Gestes de base | Aérer 10 min matin et soir, toute l’année | Dilution immédiate, non pérenne seule | 0 € |
| Colmater fissures, passages de réseaux, porte de cave ; rouvrir les soupiraux du vide sanitaire | Réduit les entrées — premier vrai palier | 50 – 300 € | |
| Ventilation | VMC en bon état, débits vérifiés, entrées d’air libres | Dilue — mais voir l’encadré ci-dessous | 0 – 4 000 € |
| VMI (insufflation) : air neuf insufflé, maison en légère surpression | Bloque l’entrée du gaz — recommandée par le CSTB, 2ᵉ solution la plus efficace | 3 000 – 7 000 € | |
| Traitement à la source | SDS : dépressurisation sous dalle ou sous membrane (vide sanitaire) | La plus efficace — réservée aux niveaux élevés | selon configuration (nettement plus cher que la VMI) |
Le piège de la VMC — à comprendre absolument. Une VMC classique fonctionne par extraction : elle met la maison en dépression. Bien conçue, elle dilue le radon ; mais si les entrées d’air sont bouchées ou les débits mal réglés, cette dépression aspire davantage de gaz du sol — le remède aggrave le mal. C’est pourquoi, en zone radon, la VMI par insufflation (qui inverse la logique : légère surpression) est souvent le meilleur choix. Un cas documenté en Bretagne : une maison à 5 000 Bq/m³ ramenée à 400 par une VMI et la reprise des joints de soubassement.
La règle d’or des professionnels du radon : étancher d’abord, ventiler ensuite, dépressuriser si nécessaire — et re-mesurer après chaque étape, car seule la mesure prouve le résultat.
🌬️ Ventilation & qualité d’air — Deux-Sèvres
Votre ventilation est-elle une alliée ou un problème ?
En Gâtine, une ventilation se pense avec le radon en tête. ROY HABITAT installe et remet à niveau VMC et systèmes de ventilation dans le nord des Deux-Sèvres — diagnostic franc de l’existant, conseil sur la bonne technologie pour votre maison, et jamais de matériel vendu pour le principe.
ou appelez le 05 49 63 32 84
08 Le paradoxe de la rénovation énergétique
Voici le point que presque personne ne fait — et qui concerne directement des milliers de maisons du département. Une maison ancienne « passoire » est aussi… très ventilée malgré elle : ses fuites d’air diluent le radon en permanence. Puis vient la rénovation : menuiseries neuves, isolation, étanchéité à l’air soignée. La facture de chauffage fond — et le radon, lui, se concentre.
Ce n’est pas une raison pour ne pas rénover, évidemment. C’est une raison pour rénover complet : en zone granitique, tout projet d’ampleur doit intégrer une stratégie de ventilation digne de ce nom — et idéalement une mesure de radon avant/après travaux. Si vous rénovez une maison en pierre, notre guide rénover une longère place déjà la ventilation au cœur de la méthode ; le radon est une raison supplémentaire de ne jamais la traiter comme une option. Même logique pour le DPE : on gagne des classes et on garde un air sain, pas l’un contre l’autre.
09 Vous construisez ou agrandissez en Gâtine ?
En neuf, tout se joue à la conception, pour un surcoût dérisoire : membrane d’étanchéité sous dalle soigneusement traitée aux points singuliers, vide sanitaire ventilé, colmatage systématique des traversées de réseaux, et — astuce de prévoyance — un simple fourreau en attente sous la dalle qui permettra de brancher un SDS plus tard si une mesure le justifiait. Quelques centaines d’euros à la construction contre plusieurs milliers en curatif.
10 Questions fréquentes
Ma commune des Deux-Sèvres est-elle concernée par le radon ?
Le département est coupé en deux par sa géologie : le nord-ouest granitique (Gâtine, bocage bressuirais — Parthenay, Bressuire, Mauléon, Secondigny, Moncoutant…) concentre les communes classées en zone 3, à potentiel radon significatif, tandis que la plaine calcaire du sud et de l’est (Niort, Melle) est majoritairement en zone 1. La carte officielle commune par commune est publiée par l’IRSN et la préfecture des Deux-Sèvres — elle se consulte en deux clics.
Le radon est-il vraiment dangereux ?
Oui, sur le long terme. Le radon est classé cancérogène certain et constitue la deuxième cause de cancer du poumon en France après le tabac, avec environ 3 000 décès par an selon l’IRSN. Le risque dépend de la concentration et de la durée d’exposition — d’où l’enjeu dans les pièces où l’on dort. Il est fortement démultiplié chez les fumeurs. La bonne nouvelle : c’est un risque qui se mesure pour 30 € et se corrige par des travaux du bâtiment.
Comment mesurer le radon chez moi, et combien ça coûte ?
Avec un dosimètre passif (un petit boîtier sans pile), vendu 20 à 40 € en ligne, analyse en laboratoire comprise. On le pose dans une pièce de vie du niveau le plus bas habité (séjour, chambre), à l’écart des courants d’air, pendant deux mois minimum en période de chauffe (mi-septembre à fin avril), puis on l’envoie au laboratoire. L’idéal : deux dosimètres, séjour + chambre.
Les détecteurs électroniques de radon sont-ils fiables ?
Les appareils connectés grand public (60 à 250 €) donnent une tendance utile pour suivre l’effet de vos actions au fil des semaines. Mais pour statuer — savoir si vous dépassez le niveau de référence —, la référence reste le dosimètre passif analysé en laboratoire sur deux mois d’hiver : le radon varie énormément d’un jour à l’autre, une mesure courte ne veut rien dire.
Ma VMC me protège-t-elle du radon ?
Pas forcément — et c’est le piège le plus contre-intuitif du sujet. Une VMC par extraction met le logement en légère dépression : bien réglée, elle dilue le radon ; mal dimensionnée ou avec des entrées d’air bouchées, elle peut aspirer davantage de gaz du sol. À l’inverse, la VMI (insufflation) met la maison en légère surpression et bloque l’entrée du radon — c’est la solution recommandée par le CSTB en remédiation, juste derrière le SDS en efficacité, pour un coût bien moindre.
J’isole ma maison : quel rapport avec le radon ?
Direct. Une rénovation énergétique rend la maison plus étanche à l’air : moins de fuites, donc moins de dilution — un taux de radon acceptable avant travaux peut devenir problématique après. En zone granitique, toute rénovation d’ampleur devrait intégrer une vraie stratégie de ventilation et, idéalement, une mesure avant/après. C’est particulièrement vrai pour les longères et maisons anciennes en pierre, naturellement très ventilées… jusqu’à leur rénovation.
Dois-je informer l’acheteur ou le locataire de ma maison ?
Oui, en zone 3. L’état des risques annexé à toute vente ou location (dispositif d’information des acquéreurs et locataires) doit mentionner que le bien se situe dans une commune à potentiel radon significatif. Aucune mesure n’est exigée — seule l’information sur le zonage l’est. À l’achat d’une maison ancienne en Gâtine, glisser un dosimètre dans le premier hiver est un réflexe malin.
Le granit de mes murs dégage-t-il du radon ?
Marginalement. L’essentiel du radon d’une maison vient du sol, pas des murs : le gaz migre depuis la roche sous la maison et s’infiltre par les défauts de l’interface (fissures, passages de réseaux, terre battue). Des murs en granit y ajoutent une contribution mineure. C’est pourquoi les solutions efficaces traitent le soubassement — pas les murs.
Je suis locataire et le taux est élevé : que faire ?
Commencez par les gestes qui ne dépendent que de vous : aération quotidienne renforcée, ne pas obstruer les entrées d’air ni les bouches de ventilation. Informez ensuite votre propriétaire par écrit, mesure à l’appui : les travaux d’étanchéité et de ventilation lui incombent au titre de la décence du logement. Le dialogue, chiffres en main, résout la plupart des situations.
11 En résumé
Le radon n’est ni une légende ni une fatalité : c’est une caractéristique du sous-sol granitique de la Gâtine, qui se gère comme on gère l’humidité ou l’isolation. Un dosimètre à 30 € cet hiver, une lecture honnête du résultat, des gestes simples d’abord, une ventilation intelligente ensuite — et l’assurance, mesure de contrôle à l’appui, d’un air sain dans une maison qui reste un plaisir à habiter.
Article informatif à jour en juillet 2026, fondé sur les données publiques de l’IRSN/ASNR, de Géorisques, de la préfecture des Deux-Sèvres et du CSTB (niveau de référence 300 Bq/m³ ; zonage réglementaire de 2018 ; statistiques nationales de dépassement par zone). Les outils interactifs fournissent une orientation générale et ne constituent ni un diagnostic sanitaire ni une mesure : seul un dosimètre analysé en laboratoire permet de connaître votre exposition, et seuls des professionnels qualifiés peuvent dimensionner une remédiation. Pour toute question de santé, notamment en cas d’exposition prolongée à des niveaux élevés, parlez-en à votre médecin. ROY HABITAT intervient sur la ventilation et l’électricité de l’habitat ; les diagnostics et remédiations radon spécialisés (SDS notamment) relèvent d’opérateurs dédiés avec lesquels un projet peut être coordonné.
Photos d'illustration : ROY HABITAT & banque d'images.



